Rares sont les journées à Cannes où le nombre de films vus ne dépassent pas les doigts d'une main. Encore plus rares sont celles où l'on ne voit qu'un film. Pourtant, ce mercredi 19 mai fut de celles là...
Et pour cause puisque c'est aujourd'hui que fut projeté le monumental Carlos d'Olivier Assayas à la durée conséquente de 5h30 ! Oui, vous avez bien lu 5h30 non stop d'explosions, tueries et autres joyeusetés dont seuls nos amis terroristes ont le secret. S'il est inutile de revenir plus en détails sur cette excellente mini-série (cf. notre critique), l'expérience cannoise mérite à elle seule de rentrer dans les livres d'Histoire !
En mode guérillero, la Clapteam est allée se poster devant le Grand Théatre Lumière dès 10h30 sous une pluie battante et sans parapluie s'il vous plait. Prévue à midi pétante, l'évènement à tôt fait de réunir curieux et fans d'Assayas. Devant un tel engouement, le service de sécurité eut l'intelligence (et la gentillesse) d'ouvrir les grilles à onze heures laissant ainsi s'échapper un flux considérable de personnes, festivaliers et journalistes confondus. Ni une ni deux, la rédaction phagocyte les meilleures places afin d' appréhender au mieux les cinq prochaines heures. Trois heures et une grosse claque plus tard, un carton annonce fièrement l'entracte. Et là c'est le drame...

Avant d'aller plus loin, un petit flash-back s'impose : il y a deux ans, le festival décide de projeter le diptyque de Steven Soderbergh sur le Che en une seule et même fois. Conscient que plus de quatre heures de film auront vite raison des plus acharnés cinéphiles, le distributeur décide d'organiser une entracte avec à la clé une « lunch box » aux couleurs du Che contenant un sandwich, une boisson et une jolie barre de chocolat. Retour au présent : l'expérience Che, toujours bien présente dans notre esprit, laisse augurer du meilleur pour cette projection exceptionnelle de Carlos.
De fait, aussi réussi fut le métrage, l'apparition du mot ENTRACTE sonna comme une libération pour les intrépides spectateurs ayant du faire l'impasse sur leurs déjeuners pour arriver tôt. Une fois sorti la déception est de taille : en ces périodes de crise, seule une petite bouteille d'eau nous est offerte. Le gosier dit merci mais l'estomac fait la gueule ! Ils sont où les sandwiches? Volés par Robin des Bois ?Achetés par Gordon Gekko ? explosés par Carlos en personne ?

Rien de tout ça, ils n'ont tout simplement pas été prévus au programme ! Agacés les accrocs à la nicotine (c'est à dire 80% des gens présents dans la salle) s'empressent de sortir pour satisfaire leur plus vil instinct. Entassés comme du bétail, ces derniers luttent pour lever ne serait ce qu'une main et porter la cigarette à leur bouche. De leurs cotés, les personnes désirant prendre l'air se marchent dessus pour grapiller une simple bouffé d'oxygène. On a vu entractes plus agréables !
Cette scène à la fois drôle et révoltante nous permet de pousser un petit coup de gueule vis à vis d'une organisation visiblement peu concerné par le confort du spectateur. Celui-ci ayant accepté de se fader presque six heures de projection non stop pour un seul et même film, un minimum d'égards eut été bienvenu ! Tant pis, l'estomac devra attendre deux heures de plus ! 17h30 : le ventre criant famine, la rédaction se précipite vers le restaurant le plus proche pour remplir un estomac désespérément vide. Une journée à marquer d'une pierre blanche pour avoir été celle d'un unique film... mais quel film !
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