A Cannes, l'arme la plus importante pour résister dès le matin au flot ininterrompu de films se déguste dans une tasse, de préférence serrée et peu sucrée. Café... tel est le nom de ce délicieux breuvage qui permet au festivalier de tenir le coup. Une boisson fortement utile ce matin pour supporter le mal nommé Biutiful d'Alejandro Gonzalez Innaritu. Chronique ultra misérabiliste et racoleuse, Biutiful a tôt fait de nous endormir de par sa vacuité et son rythme très lent. Déprimée, en colère, la rédaction décide de faire une pause avec la sélection officielle, voire le festival tout court.

Direction donc le Marché du Film avec, en ligne de mire, le vain espoir de se coller devant un bon gros nanar prompt à effacer nos tendances suicidaires. Et quoi de mieux pour se requinquer que Mother's day, nouveau film de Darren Lynn Bousman produit par Eli Roth et précédé d'une flatteuse réputation? Pas de bol, les journalistes sont recalés à l'entrée. Plus de chance la prochaine fois comme on dit ! Une bonne grosse salade plus tard, décision est prise de se rabattre sur une autre curiosité : Hybrid, seconde incursion américaine d'Eric Valette (Une affaire d'Etat) trainant dans les cartons depuis un bon moment déjà. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, la projection sera en 3D. Pour nous rassurer, le patron de la boite chargé du gonflage 3D est venu en personne nous faire la pub de son procédé si innovant celui utilisé pour Le choc des Titans au rang de gentille blague. Mouais...
Cependant, ce que personne ne dit c'est que l'utilisation de la 3D a été décidé à la dernière minute et à l'insu d'Eric Valette. Ce dernier n'étant plus à une déconvenue près avec ce long métrage peu reluisant, on imagine que la nouvelle ne l'a pas terrassé ! En effet, il faut bien reconnaître que cette histoire de voiture monstre peine à convaincre même si l'on fait abstraction de son aspect «version de travail » avec tout ce que cela implique d'effets spéciaux non finalisées. Dès lors, la salle de presse semble alors être le seul refuge pour noyer sa peine (certains diraient qu'un bar ferait très bien l'affaire !) devant cette journée placée sous le signe de la déconfiture.

Audacieuse, la Clapteam décide néanmoins de terminer la soirée en compagnie de La Meute, nouvelle production horrifique made in France profonde. Journalistes et festivaliers répondent présent à l'appel du film de Franck Richard initialement prévu pour être projeté au Cinéma de la Plage. Malheureusement le CNC et son interdiction aux moins de 12 ans en auront décidé autrement. Peu importe, puisque ce soir le réalisateur et les producteurs accompagnés des acteurs Philippe Nahon, Benjamin Biolay et Emilie Dequenne sont venus saluer un public ayant répondu présent à l'appel de cette meute pas comme les autres. 90 minutes plus tard (si on excepte le retard initial de 20 minutes!), on ressort de la salle revigoré avec la sensation d'avoir vu un film d'horreur efficace et nerveux, croisement improbable entre L'enfer des zombies et un épisode de la série documentaire Strip Tease. On en reparle très vite. Chargé à bloc, la dream team doit malheureusement regagner ses quartiers même si une furieuse envie de se défouler sur du gros son qui pulse l'envahit soudainement. Mais où sont les after quand on a besoin d'elles ?

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