Créée par Martin Gero et arrivée sur la chaîne américaine CW en avril, la série canadienne The L.A. Complex nous plonge dans le quotidien d’un groupe d’expatriés canadiens (acteurs, danseurs, comédiens, scénaristes…) voulant réussir à Los Angeles, la capitale mondiale de l’Entertainment. Car qui réussit à L.A. devient le roi du monde.
C’est donc à l’ombre des palmiers, au milieu des paires de seins siliconés, des corps bodybuildés, des sourires blanc porcelaine et des faux semblants que la charmante Abby Vargas, apprentie actrice de Toronto, va faire ses gammes. Ayant élu domicile dans un motel miteux bordé d’une piscine, « Le Lux », Abby va sympathiser avec une bande de wannabe qui, comme elle, imaginent déjà leur étoile sur Hollywood Boulevard.
Parmi ses nouveaux amis (ennemis ?), il y a… Nick Wagner, comédien de stand up (drôle une fois sur deux) et victime du syndrome « just friends » avec les femmes. Tariq Muhammad, assistant réservé et talentueux de l’un des plus gros producteurs de hip-hop de la côte Ouest. Connor Lake, premier rôle d’une série médicale et star montante aux tendances suicidaires. Alicia Low, blonde hyperactive et acharnée en quête de reconnaissance qui espère taper dans l’œil d’un chorégraphe. Et Raquel Westbrook, actrice trentenaire has been, rejetée par les réalisateurs qui lui préfèrent des femmes plus jeunes.
C’est dans sa pléthore de protagonistes et son traitement judicieux des différentes intrigues que réside le cœur de la série. On passe d’une histoire à l’autre sans se sentir lésé par des intrigues faiblardes ou des personnages faire-valoir. Chacun est sur le même pied d’égalité. On est bien loin des séries bordéliques telles que True Blood (exception faite de la première saison) qui donnent au spectateur l’impression de regarder plusieurs teasers montés les uns à la suite des autres avec pour seul climax un sentiment d’inachevé.
Optant pour un ton doux-amer, à mi-chemin entre le cynisme des œuvres de Bret Easton Ellis et la décontraction des programmes pour teenagers, The L.A. Complex évite le cliché du manichéisme et montre le véritable visage de la Cité des Anges, si souvent idéalisée. Les leaders de l’industrie de l’Entertainment ne sont pas de simples piranhas exploitant les jeunes pucelles naïves. Complexes et blasés, on les sent eux aussi pris au piège. Les règles existent, ils ne font que les appliquer. S’ils ne profitent pas de vous, quelqu’un d’autre le fera. Ainsi va le game ; pas de sentiment.
Los Angeles est quant à elle présentée sans artifice : une ville maudite qui se nourrit de l’espoir de milliers d’artistes enchaînant les castings dans des salles à la blancheur clinique, et laissant leur destin entre les mains des maîtres des lieux (directeurs de casting, réalisateurs, producteurs…)...
Confrontés à la compétition et l’hypocrisie, les héros de The L.A. Complex ne cessent de se demander : jusqu’où suis-je prêt à aller dans ce système biaisé par une concurrence toujours prête à la surenchère ?
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