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On pense inévitablement à Tim Burton, on évoque la pâte à modeler de Wallace et Gromit, on y fait allusion au slashers movies et aux classiques de l'horreur. L'étrange pouvoir de Norman, c'est un grand melting-pot de tout cela combinés à un savoir-faire scotchant. Une façon ludique d'appréhender la mort.


 

 

Norman est un petit garçon doté d'un pouvoir quelque peu déroutant, il parle aux morts. Le pitch étant déjà vu et revu, les créateurs de film y ont tout de même ajoutés leur grain de sel. Missionné pour libérer la ville des zombies émanant d'une chasse aux sorcières qui a eu lieu il y a 300 ans, Norman va devoir jouer des coudes pour aboutir à ses fins. Bourré de clins d'oeil et d'astuces de mises en scène, le film gagne très vite en épaisseur tout en conservant un imaginaire quasi inépuisable. Rendre hommage sans pomper, inventer sans trahir les originaux. Car si le film s'adresse avant tout aux enfants, il est sans conteste l’adaptation d'une légende née de l'imaginaire des adultes. La peur de la mort, du revenant ne sont pour ainsi dire que des traumas d'adultes transposés ici en situations comiques liés à une tradition historique du film d'horreur. Des premiers films muets aux scary movies en passant par les nanars de très mauvais goût, les empreints sont larges, parfois peu subtiles mais très plaisants. Un condensé du genre servant au film comme d'une structure malléable à souhait afin de rendre compte des aventures de ce petit garçon peu ordinaire, souvent raillé mais qui va au fur et à mesure de la trame du film se faire accepter par ses congénères.


Norman ressemblerait à s'y méprendre à une figure romantique du XIXeme. Inadapté à son entourage, enclin à la morbidité et à la tristesse, il n'a aucun prise sur son destin mais il va bien falloir l'accomplir avec bravoure. Un parallèle certes grossier mais qui permet de mieux cerner le personnage plus complexe qu'il n'y paraît. Il est à la fois l'élu pour apaiser les tensions et le passeur de mots entre les deux mondes. On en revient toujours à l'adulte et à ses responsabilités, reportées sur l'enfant. Si Norman a tout le poids du monde sur ces épaules, le reste des personnages reste malheureusement trop conventionnel : La sœur légèrement blonde et superficielle, le copain tout gras et rigolo, le gros dur de l'école, le grand frère de ce dernier bodybuildé et débile. Une armée de bras cassés servant tout de même de support comique.

 

Si L'Etrange pouvoir de Norman reste convaincant dans la narration et le dénouement, une question subsiste tout de même : pourquoi diable a t-on traduit ce très bon titre original Paranorman, par un titre à rallonge qui perd tout son sens ?

Clémence Besset


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