MARION COTILLARD : L'arnaqueuse
Elle nous a bluffé dans De rouille et d'os , faisant oublier les prestations en toc dont elle est le porte-drapeau officiel. Pour Audiard, Marion Cotillard a enfin laissé tomber le masque, offrant à la caméra un visage neuf, celui d'une grande actrice de cinéma. Car malgré son oscar, Cotillard a toujours eu du mal à nous convaincre : un jeu passe-partout (Les petits mouchoirs), des yeux - qu'elle a pourtant grands - désertiques (Inception) et une voix grave qui ne trouve pas sa tonalité (Public Enemies) ; un nom devenu bankable par magie - et le magicien s'appelle Dahan - malgré la tiédeur qui se dégage de ses interprétations.
En effet, ce que l'on retient de La Môme, clip biographique aux couleurs d'un mauvais mélo, ce sont les décors, les costumes, le maquillage, davantage que la prestation - si outrageusement défendue par la profession - de Marion Cotillard. L'effet "transformation physique", si cher à Hollywood (friand de la prouesse), est aisément parvenu à endormir les spectateurs ; l'illusion (principe sur lequel La Môme repose entièrement) fait alors tout le travail. Les artifices ont gagné la bataille, cachant sous le fard à paupière, le latex et le rouge à lèvre, la médiocrité du jeu de Cotillard - comédienne d'apparat.
Car - jusqu'à l'intervention d'Audiard - l'actrice n'a de dimension, à l'écran, que par l'artifice. Sa statuette, elle la doit, pour beaucoup, au travail qu'ont accompli les petites mains de l'ombre sur son visage et son corps. Maquillage et costumes sont là pour camoufler la terrible vérité : Cotillard ne sait pas jouer d'instinct - minauder tout au plus. Et, aujourd'hui, nous en avons la preuve formelle. Sa performance dans The Dark Knight Rises provoque les rires en salles - alors que l'heure n'est pas vraiment à la blague. Elle est, dans le dernier Nolan, Miranda Tate, business woman écolo ; un rôle mou qui, certes, ne la met pas à son avantage, mais avec lequel elle perd pied. Le naufrage du Titanic en direct - sans bouée de sauvetage aucune. A la fois pathétique et hilarant.
Comment peut-on être de composition si inégale ? Foutre une claque au public (De rouille et d'os), puis le décevoir l'instant d'après ? Nous ne nous attendions pas, ici, à ce que Cotillard brille du même éclat que chez Audiard (ses apparitions dans les productions américaines sont contractuellement réduites au rôle de la jolie potiche) ; mais là, les excuses ont bien du mal à couvrir les dégâts. Marion Cotillard se ridiculise, de façon internationale. Et le net entier est en ébullition, découvrant l'arnaque et sa petite musique (cf: People dying like Marion Cotillard).
Le constat est alors le suivant : si la comédienne n'est pas la chose du cinéaste, la matière qu'il décide de modeler à sa guise (comme chez Allen, Midnight in Paris , où elle est lumineuse), elle ne vaut pas un oscar, incapable de fournir, seule, les émotions qui habitent les personnages qu'elle campe. Il a donc fallu qu'Audiard lui coupe les jambes pour qu'enfin l'actrice se mette en marche. Pour la première fois, Cotillard s'abandonne à un réalisateur (pas n'importe lequel) et ne contrôle plus son image. Mieux, elle la met en danger (choisissant un rôle à l'extrême opposé de sa persona du moment).
Car le problème de Marion Cotillard est bel et bien là : elle est seulement une construction des producteurs et des studios ; le fantasme d'une bonne actrice (parce qu'elle en a l'allure). De la poudre aux yeux - surtout dans les films américains dans lesquels elle est invitée. Une déclinaison plus noble d'Angelina Jolie et sa "vamp attitude". Ni plus, ni moins. Dans le dernier Batman, elle met en scène le vide qui la compose et la fausseté qui anime sa démarche ; elle est la seule à ne pas être dirigée par Nolan - et la seule qui, de ce fait, gâche la photo de famille. Cotillard est éclaboussée par le talent inné des autres acteurs à l'affiche - et ces derniers lui renvoient le triste reflet de son incompétence. Sans directeur d'acteur, sans attention continue, elle est à bout de souffle. Supercherie dénoncée. Enfin.
Ava Cahen
Commentaires
Je penche pour cette version, très subjectivement car je la trouve juste merveilleuse, à l'écran comme dans la vie
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