Avoir quinze ans dans les Pouilles
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6,5/10
Premier film italien sur le parcours de deux ados en phase d'apprentissage, entre football et premier amour incandescent, Annalisa est l'adaptation soignée d'un best seller de Mario Desiati, mais manque de force et de caractère, pour se hisser au-dessus de la mêlée.
Il ne peut attendre de secours que d'êtres qui, comme lui, peuvent sortir d'une vision classique et primaire des choses. Ce secours vient rapidement de Zaza, le second adolescent et protagoniste du film, dont la vie semble à première vue diamétralement opposée à celle de Francesco : champion de l'équipe de foot locale, il est plutôt reconnu et admiré par le groupe. Vivant dans les quartiers populaires, sans père ni mère, il est flanqué d'un frère qui s'est tourné vers la criminalité et les trafics en tous genres. Pourtant, Zaza et Francesco partagent la même sensibilité et la même envie de s'extraire de leur condition actuelle, dont l'enfermement est judicieusement rendu dans bon nombre de plans larges, par ces hautes cheminées d'usine qui, telles des barreaux, grillagent l'horizon.
Zaza a fait du terrain du football sa principale source de satisfaction et d'ivresse, et son éventuelle porte de sortie. Promis à un bel avenir de footballeur professionnel, il pourrait rejoindre un jour la Juventus de Turin, poussé par son coach – faisant office de référent paternel. Unis par un même attachement invisible, fait de complicité et d’admiration réciproque, Zaza et Poison deviennent vite inséparables, s'apportant mutuellement force et secours. Leur quête d’idéal, de beauté et de liberté se voit un jour incarnée en la personne d’Annalisa, jeune femme sensuelle et mystérieuse, qui leur apparaît très vite comme résolument affranchie des carcans, du jeu-même de la vie et de la mort et qui devient petit à petit leur égérie, leur Madone. Il n’en faut pas plus pour que leurs aspirations et leurs désirs mutuels trouvent dans ce nouveau triangle amoureux un point culminant de convergence. Irrémédiablement attirés par elle pour mieux se rejoindre, les deux garçons vont apprendre à se construire, dans un subtil jeu de miroirs. Il leur faudra apprendre à perdre, sinon les autres, une partie de soi-même et de ses idéaux, pour continuer à vivre et grandir, en aimant simplement et « tendrement » les êtres pour ce qu’ils sont : de chair et de sang.
Chronique tendre et lumineuse sur l’adolescence, réflexion sur la construction de soi, le premier film de Pippo Mezzapesa ne manque ni d'intérêt ni d’élégance. Néanmoins, en restant trop souvent démonstrative et sage, sa mise en scène manque un peu d’ambition pour transcender son sujet et dévoiler derrière l'opacité des visages toute la violence des sentiments qui agitent le coeur et la tête de ces êtres pleins d'espoirs déçus. Âge ingrat.
Ismaël Aria
Sortie en salles : 1er août 2012. Réalisé par Pippo Mezzapesa. Avec Nicolas Orzella, Luca Schipani, Aylin Prandi. Long-métrage italien. Durée : 1h22. Distributeur : Bellissima Films.
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