
Note : 








3/10
Porno indien, ton univers impitoyable
L'équipe du film, au grand complet, nous avait annoncé - avant la projection - la renaissance, ici, du cinéma indien, un cinéma qui bousculerait désormais les conventions bollywoodiennes ainsi que nos préjugés. Pourtant, une fois la salle plongée dans l'obscurité, c'est la douche froide. Ennuyeux, lent et nébuleux, Miss Lovely n'est pas à la hauteur de ses promesses. Pire, passé l'introduction, nous ne pensons qu'à une chose : fuir. Elle est où la sortie ?
On nous avait mis l'eau à la bouche avec ce thriller noir made in India - qui se passe dans le petit milieu de la série Z horrifique et pornographique. Deux frères rivaux (l'un est producteur et fleur-bleu ; l'autre, réalisateur et vicieux) vont se livrer une bataille féroce, pour les beaux yeux d'une fille. L'ambiance initiale, poisseuse et pailletée à la fois, a de l'allure. Ashim Ahluwalia, le réalisateur, nous tenait par sa maîtrise de l'humour et du décalage : la séquence d'ouverture (des images du film porno kitsch tourné par les deux frères) fait immédiatement écho à Ed Wood et ses travaux ratés. La référence nous emballe.
Mais la récréation est de courte durée ; le sérieux et le gris (Ashim range les couleurs tandori et les toiles d'araignées de la Hammer) finissent par prendre le dessus et par nous étouffer terriblement. Pourquoi ? Parce que le récit n'a pas de chair (ou seulement celle qu'il expose) ; parce qu'il est simplement boiteux. Aucune empathie ne se tisse et nous assistons alors passifs à ce drame, soufflant à chaque chapitre du film toute notre lassitude. Car il ne se passe rien. Rien entre Miss Lovely et nous. Pas de remous, pas de nuances. Le film est parfaitement horizontal. Une position qui, nous, nous donne envie de ronfler...
Ava Cahen
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