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7/10
Nombreux ont été à se satisfaire de la dernière sélection des Césars célébrant une année du cinéma français dite « exceptionnelle ». Traduction : dotée d’au moins une demie douzaine de films valant le détour. Une démonstration de contentement chauvin alors que l’académie de notre pays a honteusement fermé ses portes au dernier Kassovitz (pourtant une vraie perle de cinéma contestataire), tout en continuant d’ignorer le travail d’Olivier Marchal. Une totale hypocrisie pour une remise des prix qui désirait récompenser autant la démarche d’auteur (The Artist par exemple) que celle du divertissement populaire (Intouchables), mais qui refuse de reconnaître ne serait-ce que techniquement une œuvre qui cumule habilement ces deux étiquettes.
Même les plus réfractaires à la griffe du réalisateur de 36 quai des orfèvres et de MR_73 reconnaîtront que Les Lyonnais porte indéniablement la marque de son géniteur. Que se soit dans ses qualités de polar stylisé « à l’américaine » (non ce n’est pas une insulte !), ou dans ses menues faiblesses (comme souvent des dialogues crus qui veulent trop faire dans la réplique qui claque, omniprésence d’un score empathique…), qu’Olivier Marchal persiste à peaufiner contre vents et critiques. Fidèle à son concept du film policier nourri par un réalisme (le cas d’Edmond Vidal) cohabitant au cœur d’une structure purement cinématographique, Marchal en profite pour démontrer tout son habilité narrative : si jusqu’ici il s’était cantonné à des récits linéaires, le réalisateur prouve sa grande aisance à confronter les époques dans un entremêlement d’allers retours vers le passé qui donne aux Lyonnais une énergie percutante même si cela ne se fait pas quelques sacrifices (les personnages secondaires sacrifiés). C’est là la limite de son intrigue qu’on devine parfois restreinte pour rentrer dans le moule de la production française. A l’avenir, il faudrait voir si Olivier Marchal ne devrait pas aller là où on il pourra trouver les moyens financiers à la mesure de son ambition toujours grandissante.
Note dvd : ![]()
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7/10
Depuis son passage à la haute définition il y a quelques années, Gaumont aura été un éditeur rarement pris en défaut. Qu’il s’agisse de la remise à jour des classiques hexagonaux ou des derniers succès proposés dans des conditions optimales. Un savoir faire technique mis au service d’une édition standard dont il est presque impossible de trouver à redire : l’image encodée en MPEG 2 tire toutes les possibilités d’une copie vierge de défauts, tandis que les pistes audio Dolby Digital 5.1 (français et en audio description pour les malentendants) arbore une sacrée pêche que les scènes de fusillades mettent à profit. Le seul bémol vient non pas du disque en lui-même mais des maladresses du mixage qui étouffent certains dialogues rendus inaudibles. Une tare typique du cinéma français qu’on pouvait déjà constater en salle.
Par contre gros carton rouge pour l’interactivité de ce dvd qui oublie d’inclure le making-of des Lyonnais au seul profit du blu-ray. En imaginant que ce dernier soit de la même consistance que ceux de 36 quai des orfèvres et MR-73, il est à parier que l’acquéreur de ce dvd y perde beaucoup. Celui-ci devra juste se contenter d’une demi-heure de scènes coupées largement centrée sur la partie « années 70 ». En fait, il s’agit essentiellement de versions longues et non mixées des flash-backs inséminés durant tout le film dans lesquels Marchal a abondement tranché pour conférer au Lyonnais cette imparable dynamique qui est la sienne. Intéressant mais pas essentiel.
Sortie en dvd le 4 avril 2012; Réalisé par Olivier Marchal; Avec Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval, Dimitri Storoge, Alexandre Astier, François Levental…; Long-métrage français ; genre : polar; Durée : 1h42 ; distributeur : Gaumont
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