Il est des jeux chargés d’histoire qui font frémir rien qu’à l’évocation de leur titre : Syndicate fait partie de ceux-là. Superbe jeu d’action/stratégie SF sorti en 1993 en disquette sur Amiga et PC, décliné ensuite sur des consoles populaires ou oubliées (Megadrive, Super Nintendo, Mega CD, Amiga CD 32…), crée par le célèbre Peter Molyneux (Fable) au sein du non moins célèbre studio Bullfrog (Mass Effect), Syndicate est emblématique de son époque. Il revient aujourd’hui sous la forme d’un FPS n’ayant plus grand chose à voir avec le principe de jeu qui l’avait rendu célèbre. On se souvient que transformer un jeu vieux de 19 ans pour en faire “autre chose” peut donner Metal Gear Solid en 1997 sur PsOne. Sauf que n’est pas Hideo Kojima qui veut : derrière Syndicate se trouvent des idées un peu trop anonymes.
Syndicate version 2012 cède donc aux sirènes du FPS, genre très en vogue et suffisamment rodé pour appliquer une recette “facile”. C’est malheureusement l’impression finale que laissera ce reboot. Et pourtant Syndicate a de quoi plaire au premier abord, notamment à travers son ambiance cyberpunk futuriste rappelant bien sûr Blade Runner dans sa déco ou certains de ses éclairages. Très stylisé, jusque dans l’excellente musique accompagnant l’aventure, Syndicate peut se targuer d’avoir de la gueule en terme d’ambiance. Quelques subtilités de gameplay viennent en plus s’adjoindre, comme la possibilité de défoncer des portes lorsque l’on court ou s’équiper de pouvoirs pour réserver quelques surprises à des ennemis à l’intelligence artificielle les rendant très agressifs. Il y a un véritable esprit de fuite et de danger omniprésent, frôlant la paranoïa, et qui est assez inédit dans ce genre de FPS, explorant donc une autre direction de l’univers établi par le jeu original. Étalé de la sorte, le menu donne largement envie, et ce sont effectivement ces qualités qui font que l’on s’intéresse au jeu et qui donnent l’envie d’avancer.

Mais le reste est malheureusement moins glorieux, à commencer par des graphismes trop froids et impersonnels pour marquer. On retrouve une maniabilité assez rigide en général et paradoxalement manquant de précision pour tirer, surtout face à ces ennemis sur-énervés. Et on fait face un scénario trop prétexte, bourré de clichés utilisés dans leur plus simple appareil pour faire avancer l’histoire. Une écriture simple n’empêche pas de donner un récit fun ou intéressant (Uncharted par exemple) et naviguer dans les eaux d’un univers autant exploité en littérature met donc à disposition une manne d’inspiration que Syndicate ne se préoccupe jamais d’utiliser. Quel dommage ! On aurait sans doute pardonné cette grosse faiblesse si le level-design n’était composé d’idées dont on fait le tour un peu trop vite. Car c’est assez plat et on finit par tourner en rond. Le tout étant ponctué par des temps de chargement longs.
Syndicate avait tout pour plaire mais ne va pas jusqu’au bout de son concept et manque de soin, prouvant au passage que se lancer dans une “recette sûre” comme le FPS est une technique à double tranchant : le cahier des charges est bourré d’exigences que ce jeu ne remplit pas malgré ses qualités.
On aime :
- Ambiance sympa.
- Musiques réussies.
- Quelques idées de gameplay bien pensées.
- L'I.A. des ennemis, sans pitié.
On aime moins :
- Bonnes idées mais pas assez exploitées.
- Graphiquement assez vide.
- Scénario trop bidon.
- Rigide.
- Temps de chargement trop longs.
SYNDICATE - Editeur : Electronic Arts - Disponible sur PS3, X-Box 360 et PC. Sortie : 24 février 2012.
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