Chaque Final Fantasy a pour lui d’être unique, de raconter une histoire différente avec de nouveaux personnages et donc de pouvoir se distinguer radicalement des autres épisodes de la série. Du moins en théorie. Si l’on exclut par exemple les deux épisodes online sortis à ce jour (le 11 et le 14), chaque épisode depuis le dixième s’est décliné avec une suite : le X-2, le XII Revenant Wings (sur DS) et aujourd’hui le XIII-2. Et ce avec des résultats inégaux, le X-2 étant littéralement un vilain petit canard que l’on préfère oublier et le XII RW étant le plus audacieux. De son côté Final Fantasy XIII, sorti il y a maintenant deux ans sur PS3, est un épisode décrié, à la fois très intéressant et décevant dans son contenu. Mais Square Enix a, pour une fois, entendu les critiques et corrigé le tir avec un épisode XIII-2 surprenant de qualités.
Autant couper court aux arguments trop faciles : oui, avec FF XIII il faut aimer le design mettant en scène des ados pré-pubères japonais imberbes aux mèches improbables et aux accoutrements frôlant le ridicule. C’est un style, difficile certes pour le profane, mais que Square explore depuis le dixième épisode en développant indubitablement son charme.
En pratique, on note seulement deux changements radicaux dans la saga : entre l’épisode 6 et 7 et entre l’épisode 9 et 10. Du 1 au 6, nous avons affaire à des épisodes 2D au gameplay à la simplicité apparente cachant une complexité jouissive, le tout orné d’un scénario souvent brillamment écrit, le 6 demeurant encore aujourd’hui le chef d’oeuvre absolu de la saga. Les épisodes 7, 8 et 9 ont marqué une transition vers un RPG démultipliant ses ambitions, notamment esthétiques. Le 7 reste culte malgré ses défauts (la première partie n’est sincèrement pas très passionnante), le 8 est l’épisode où l’esthétique réaliste et les élans romantiques exacerbés ont déchiré les fans, et le 9 est considéré encore aujourd’hui comme une réussite absolue au parti pris médiévalo-mignon fulgurant. Final Fantasy dans les années 2000 a commencé à coller à un certain esprit RPG médiegalo-manga bien différent de ce qui s’est fait auparavant. Pour le meilleur (FF XII, FF XIII) et pour le pire (FF X).
Ce parti pris accepté, la saga a tout de même subi de très nombreuses évolutions sur ses autres composantes. On retrouve bien évidemment un jeu d’aventure où les personnages doivent gagner en expérience et en armes, entrecoupé de très nombreux combats en temps réel où l’on dirige une équipe. Le dynamisme de ces combats et les possibilités offertes au joueur ont sans cesse évolué pour arriver aujourd’hui dans cet épisode XIII-2 à un résultat où la mise en scène est reine sans pour autant nuire à l’interaction que l’on exige de ces phases de jeu. Au contraire, en mixant intelligemment les phases de QTE aux phases de combat de plus en plus stratégique, Square Enix a su conserver l’esprit de ces séquences incontournables tout en les améliorant d’épisode en épisode. L’invasion des séquences en image de synthèses a également été stoppée et le jeu ne les subira réellement qu’en son début et à sa fin.
La grosse attente autour de ce FF XIII-2 concernait les défauts du premier opus, que l’on nous promettait comme corrigés. Non pas que FF XIII était un mauvais jeu : son système de combat le rendait passionnant à bien des égards et l’univers nous réservait d’excellentes surprises graphiques à la mise en scène particulièrement bluffante. On pouvait râler devant la grande linéarité du jeu, ses cassures de rythme (même au sein des combats) et la complexité de son scénario qui finalement était un peu trop simpliste. Sans réellement changer son fusil d’épaule, Square corrige le tir et a réussi à garder toutes les qualités de XIII-1 : sans être un monde 100% ouvert, celui de XIII-2 permet beaucoup plus de libertés. Les quêtes annexes sont beaucoup plus nombreuses par exemple. L’idée scénaristique géniale de XIII-2 est sans hésitation son concept de voyage dans le temps et les multiples paradoxes temporels que cela entraîne : libre au joueur d’essayer de tous les résoudre pendant des dizaines d’heures ou de foncer du début à la fin sans regarder autour de lui (en une vingtaine d’heures environ). La manette en main et face à ces nouveautés, on se rend compte à quel point il ne fallait pas grand chose à XIII-1 pour devenir un excellent jeu...
Reprenant directement là où FF XIII s’arrêtait, FF XIII-2 continue sur sa lancée avec un monde à explorer décliné sous la forme de plusieurs univers graphiques que l’on prend un sérieux plaisir à découvrir. Néanmoins les patients seront une nouvelle fois récompensés : le jeu met 3-4 heures à véritablement décoller, ce laps de temps étant hélas plombé par un scénario linéaire et des combats trop facile. C’est dans ces moments là qu’on se remémore la réussite implacable qu’était le neuvième épisode, dont l’introduction à l’histoire était certes longue mais tellement interactive, bien écrite, drôle et surprenante, que l’on y prenait du plaisir dès la première minute. La saga Final Fantasy a encore à apprendre de son passé mais les erreurs faites sur les épisodes X à XIII-1 sont de plus en plus corrigées pour laisser enfin apparaître ce que la saga parvient toujours à réussir : illuminer de son ambition.
On aime :
- Techniquement toujours au top.
- Combats toujours aussi dynamiques.
- Plein de défauts du premier corrigés : mondes plus ouverts, quêtes annexes.
- Scénario réussi et bourré de surprises.
- Le concept de voyage dans le temps et de paradoxes à résoudre.
- 20 heures pour finir le jeu en courant : beaucoup plus en s’y attardant.
On aime moins :
- Premières heures de jeux faciles, longues et sans très grand intérêt.
- Il faut vraiment aimer le look “japonais poseur à la mèche rebelle” pour apprécier ce Final Fantasy là.
FINAL FANTASY XIII-2 - Editeur : Square Enix - Testé sur PS3 - Sortie : 3 Février 2012 - Disponible également sur X-Box 360.
FLOYD