
Le roi est mort, vive le roi ! C’est à peu près en ces termes que l’on pourrait résumer le passage de relai entre Soul Calibur IV et Soul Calibur V. La saga a pour origine deux épisodes, Soul Edge et Soul Calibur 1, restés anthologiques grâce à leurs combats épiques et leurs multitudes de qualités (technique, esthétisme, gameplay, musiques, souplesse des combattants…). Même si les épisodes suivant ont toujours su se montrer de bonne tenue, ils n’ont hélas jamais retrouvé le panache de ces deux épisodes. Pire, le niveau a sensiblement baissé entre le 2 et le 3 avant de descendre les escaliers de la cave quatre par quatre dans le dernier épisode en date, où tous les combattants avaient un balai coincé entre les jambes, où visuellement ça piquait un peu les yeux et où l’on trouvait même des erreurs de casting comme Dark Vador et Yoda. Le cinquième épisode tente la réconciliation. Et il y parvient, avec certes encore quelques petits bémols, mais les réjouissances sont bien au rendez-vous.
L’une des marques de fabrique de Soul Calibur a toujours été de nous coller des baffes visuelles, ne serait-ce que sur un point de vue technique. C’est encore le cas avec ce cinquième épisode, qui aligne un nombre de détails, de reliefs, de seconds plans dans les décors ou encore d’éléments indépendants les uns des autres sur les corps des personnages, à décrocher la mâchoire. Il y a un vrai fossé avec le quatrième épisode qui se contentait un peu trop de textures brillantes pour maquiller leurs platitudes. Les décors en eux-mêmes se suffisent pour se prendre à admirer le paysage, jusque dans les Replay en fin de combat.

Esthétiquement, c’est une autre paire de manche, qui dépend surtout des goûts. Loin de la beauté viscérale des personnages du premier épisode, dessinés sans bling bling, colorés avec panache et goût, SC 5 continue à creuser dans le sillon “m’as-tu-vu” conférant souvent à du pur mauvais goût. Si quelques chara-design sont beaux (Yoshimitsu notamment), ils se comptent malheureusement sur les doigts de la main. Le reste dérape dans des dérives japano-sadomaso-cuir-blingbling avec des maquillages au mascara dignes d’un clown, allant de paire avec ces textures “brillantes” que l’équipe derrière le jeu continue de chérir depuis le troisième épisode. En d’autres termes, beaucoup de personnages ont un look ringard. Ce point là fera bien sûr débat car il s’agit d’une pure question de goût, mais le fossé entre Soul Calibur 1 et 5 est flagrant.SC 5 avait besoin de donner une cure de jouvence notamment à son gameplay et son rooster de personnages. Sur ce second plan, c’est un peu compliqué : pas mal d’anciens ont disparus, les nouveaux se distinguent correctement sans faire de révolution et les survivants bénéficient de quelques améliorations que les fans apprécieront. Dans l’absolu cela manque un peu d’évolution et une curieuse impression de déjà vu s’en dégage. En revanche du côté du gameplay se trouvent énormément de réjouissances : plus nerveux (notamment par rapport à son prédécesseur), SC5 est beaucoup plus fun à jouer et l’on enchaîne les combats et les combats de trois rounds avec un plaisir certain sans voir passer le temps. C’est là, d’ailleurs, que se trouve le soin le plus flagrant : le mode 2 joueurs est un vrai bonheur et le mode en ligne est soigné aux petits oignons pour nous offrir le plus grand confort de combat.

C’est en revanche du côté des modes 1 joueur que l’on peut trouver le jeu un peu chiche. Mis à part un mode “offline” carré et un mode histoire très sympathique mais trop focalisé sur les deux enfants de Sophitia au détriment des autres, il ne reste plus que la création des personnages pour un peu nous divertir. De mémoire, le contenu d’un SC 3 proposait beaucoup plus de challenges, avec entre autres un mode « quête » ultra complexe. C’est un détail qui a tout de même son importance, les qualités d’un jeu de baston se jugeant à 50% en dehors des modes deux joueurs ou modes utilisant une connexion internet.On regrettera donc ces petits points mais on ne peut décemment pas bouder son plaisir devant le jeu. Balayant le quatrième épisode d’un revers de la main sous le tapis, SC 5 s’impose directement comme l’un des jeux de baston 3D phares de cette génération de consoles, avec lequel on enchaîne les combats entre amis ou en ligne comme il se doit pendant des heures sans voir l’horloge tourner. C’est le but numéro 1 de tout jeu de baston convivial, ce à quoi aspire ouvertement cet opus. SC 5 est l’épisode de la remise sur les rails. On attend maintenant de SC 6 de l’ambition.On aime :- Un cinquième épisode bien meilleur que le quatrième.- Combats pêchus (surtout par rapport au IV).- Techniquement formidable.- Des décors souvent magnifiques.- Mode VS et en ligne vraiment funs.- Des DLC intéressants comprenant les excellentes musiques des précédents opus.- Pas de Star Wars cette fois, ouf, merci.- Dérapages artistiques du IV freinés.- Mode création de personnages assez riche. - Ezio d'Assassin's Creed, la classe !On aime moins :- Pas mal de chara-designs assez ringards. Mortal Kombat n’est parfois plus très loin.- Toujours à mille lieux de Soul Edge ou Soul Calibur 1, leurs combats épiques et la souplesse de leurs combattants.- Quelques décors très cheap en comparaison des autres.- Mais que vient faire Devil Jin ici ?- Musiques juste fonctionnelles.- Mode histoire trop basique.- Modes “un joueur” rachitiques.
Floyd
SOULCALIBUR V - Testé sur PS3 - Editeur : Namco - Sortie : 3 Février 2012 - Disponible également sur X-Box 360.