chaussons_rouges

Disponible en blu-ray depuis le 9 novembre 2011

Note film : 10/10

Danse ou crève

chaussons2Au même titre que les actuels détracteurs d’Or noir arborant comme unique mode d’attaque une comparaison dénigrante avec Lawrence d’Arabie, beaucoup de critiques vis à vis de Black Swan ont essayé de retourner l’enthousiasme (excessif et parfois masturbatoire il est vrai) des pro Darren Aronofsky en jouant la carte de la facilité consistant à accuser l’influence trop prégnante des Chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger. En reprenant le cadre (les coulisses du ballet), les thématiques (la folie et le sacrifice de l’artiste) et même certains signes distinctifs visuels (le pano rapide en vue subjective de la danseuse) du chef-d’œuvre encensé par Martin Scorsese, Steven Spielberg et Francis Ford Coppola, Aronofsky ne cache pas l’origine de ses influences et a pu donner l’impression de vouloir s’approprier un héritage dont bons nombres de journalistes ne le croient pas dignes.

Comme si les deux films ne pouvaient pas exister indépendamment l’un de l’autre. Foutaise ! Black Swan ne fera jamais de l’ombre aux Chaussons rouges (du moins dans le cœur des vrais cinéphiles) et les Chaussons rouges n’empêcheront jamais Black Swan d’exécuter son pas de danse. Plutôt que d’opposer les œuvres et de se vautrer dans une bataille de subjectivité stérile, il serait plus judicieux de constater l’intemporalité expérimentale et audacieuse de ce bijou écarlate qu’est Les Chaussons rouges (encore aujourd’hui plus moderniste tu meurs) et de reconnaître l’agitation physique et anxiogène provoquée par Black Swan. Car après tout, c’est bien la sensitivité de la danse et de la souffrance des personnages (Natalie Portman faisant jeu égal avec Moira Shearer) qui est au cœur de chaque œuvre. Et de ce point de vue, la réussite s’impose pour l’un comme pur l’autre.

 

Note blu-ray : 9/10

Magnifique ! Voilà notre première réaction lorsqu’on avait pu assister en salle à la restauration résurrectionnelle opérée par la fondation de Scorsese. Le qualificatif ne change pas concernant cette édition blu-ray chouchoutée par Carlotta tant au niveau technique qu’éditorial. Pour bien prendre en compte le résultat du lifting du film (opération réparatrice pas esthétique), le réalisateur de Taxi Driver prend la parole dans une introduction (environ quatre minutes) permettant de comprendre – comparatifs aidant - et de saisir l’immensité du travail accompli.

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Pour la suite le making-of « Il était une fois Les Chaussons rouges » (environ vingt-quatre minutes) permet d’introduire quelques connaissances de bases pour les novices, avant d’être complétées un peu plus en profondeur par une intervention spontanée de Thelma Schoonmaker (monteuse de Scorsese et dernière épouse de Powell) partageant ses souvenirs et ses témoignages. Pour finir une analyse plus fouillée des Chaussons rouges et de sa vision documentaire du monde du ballet est proposée dans « Ballet flamboyant » (environ trente-deux minutes). Bref, un indispensable.

Julien Munoz 

Réalisé par Emeric Pressbuerger et Michael Powell ; Avec Moïra Schearer, Anton Walbrook, Marius Goring ; Long métrage anglais ; Genre: drame ; Durée: 2h15, année de production : 1961 ; Distributeur: Carlotta


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