
Note : 








3,5/10
De retour d’un mariage festif au Canada, cinq amis sont sur la route des Etats-Unis lorsqu’ils se font interpeller par des douaniers très scrupuleux, beaucoup trop. Accusés pour délit de faciès de terrorisme et de trafic de drogue, la sentence sera la torture, longue et traumatisante.
Territoires est un film assez difficile à classer. En flirtant avec l’horreur, le thriller, le drame et le film politique, le premier long-métrage du Français Olivier Abbou peine à trouver ses marques tout au long d’une errance de 91 minutes.
Le choix des supplices n’est pas anodin pour Olivier Abbou. "J’avais envie de faire un film de genre dont le background serait politique". Comprenez ici qu’il s’agit d’un long-métrage dont l’horreur (tout de même mesurée et suggérée) reproduit des schémas qui font clairement écho aux pratiques exercées dans le centre de détention de Guantanamo. Ainsi, et contrairement à des films comme Hostel ou encore Saw qui se servent de la torture afin de satisfaire de morbides pulsions sadiques (et masochistes), Territoires privilégie le fond, même si celui-ci est vaseux et glissant… Les personnages principaux sont humiliés, maltraités, mais dans quel but ? Olivier Abbou ne va pas plus loin qu’une simple démonstration de l’absurdité humaine. En se focalisant trop sur des personnages secondaires, comme un détective drogué et désabusé, le réalisateur n’arrive pas à créer d’empathie pour les victimes. Tout paraît alors inutile, du projet de violence gratuite à la mise en scène froide et impersonnelle digne d’une série B de mauvais goût. Le spectateur se trouve alors loin, coincé en territoire inconnu, avec presque l’envie de croiser un gentil douanier au physique de Danny Boon…
Victor Vogt
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